Portraits de professionnels

Les formations

Damien B.

Maîtrise 'Gestion de l'Environnement' 1996
Directeur Agences Rhône Alpes, SODI Véolia Propreté

Mon parcours de formation

 Après avoir obtenu un baccalauréat Scientifique (C), et un DEUG en Physique-Chimie (A) à l’université Lyon 1, j’ai assisté à l’émergence des métiers de l’environnement, et ai fait le choix par sensibilité personnelle et par attrait pour ces métiers, d’intégrer l’ig2e en première année d’IUP, l’‘année Eau. J’ai ainsi suivi les trois ans complets de la formation.

J’ai effectué mon stage de première année à l'agence de l'eau du Bassin Rhône Méditerranée Corse, puis la deuxième année dans l’usine d’incinération d'ordures ménagères de la métropole (courly à l’époque) à Gerland, et enfin la dernière année dans une filiale de la Générale des eaux (à présent Véolia), dans la division traitement des déchets industriels (SARP Industries). Mon premier stage a eu lieu par hasard dans le domaine des déchets, et j’ai eu la chance d’être porté par un sujet émergent. A l’époque, la France s’organisait pour avoir une décharge de classe I par région, pour que chacune soit autonome sur ses déchets ultimes dangereux, dont une part importante était les résidus d’épuration des fumées d’incinération. En effet, en 1995, un arrêté ministériel a contraint les incinérateurs à  solidifier et stocker en classe I les résidus d'épuration de leurs fumées. Les grands groupes présents dans le domaine des déchets ont dû organiser leurs filières, et la métropole (Courly à l’époque) m’a demandé de réaliser un état de l’art des offres existantes, ce qui m’a conduit  à présenter les 15 techniques plus ou moins établies du moment, et donc à être en contact avec 15 prestataires éco-industriels. Je leur ai d’ailleurs porté mon mémoire en mains propres, et deux d’entre eux sont même venus à ma soutenance et m’ont proposé un stage. Suite à mon dernier stage, et à la dynamique de politique R&D lancée à la Générale des Eaux, j’ai poursuivi  par un DEA à l’INSA de Lyon d’un an, financé par l’entreprise.

 

Mon parcours professionnel

 

Suite à ce DEA, j’ai été embauché par SARP Industries, filiale de la Générale des Eaux, dans le traitement des déchets d'hydrocarbures de chantiers mobiles dans les dépôts pétroliers et les raffineries. J’étais rattaché au siège, dans les Yvelines, où se trouve l'installation la plus importante de traitement de déchets dangereux d'Europe.

N’ayant pas fait mon service militaire, j’ai proposé à l’entreprise de faire un VSNE (Volontariat Service National Entreprise), ce qui était possible grâce à leurs filiales à l'étranger : d’abord en Espagne, où j’ai travaillé dans une usine de traitement de déchets à Tarragone au cœur du complexe pétro-chimique , puis au Portugal, où j’ai accompagné le démarrage d’une usine d'incinération d'ordures ménagères, la plus importante d'Europe à l'époque, pour le traitement de ses résidus d’épuration de fumées. A mon retour, j’ai intégré un poste de chef de projet au sein de la direction développement de SARP Industries. J’ai participé à de nombreux projets visant à étoffer  les prestations de déchets de Véolia en France et à l'étranger. Pendant ces 6 ans, j’ai effectué beaucoup de déplacements à l’étranger (Allemagne, Angleterre avec l’étude du démantèlement de bateaux de la Royale Navy par exemple, Martinique, Pologne, Norvège…).

En parallèle suite à une prise d’actionnariat de Veolia dans une usine des Landes spécialisée dans le traitement de l'amiante, j’ai occupé le poste de directeur commercial de cette entreprise en 2002 et 2003, ce qui m’a permis d’acquérir une large compétence en amiante. ’ai continué à travailler au sein de la direction développement qui avait déménagé à Lyon, en cellules projets de 4 à 5 personnes pour de nombreux projets passionnants : l’étude et la faisabilité pour le compte du ministère de l'armement du traitement d’obus chimiques de la guerre de 14 ou le démantèlement des stocks de bouteilles d'acétylène pleines d'amiante de l'armée, le traitement des transformateurs  au pyralène ou bien encore un projet à l’ ANDRA sur des déchets radioactifs…

En 2007, j'ai pu évoluer vers un poste plus sédentaire dans une autre filiale, SODI Véolia Propreté, en tant que directeur commercial en Rhône Alpes, puis directeur régional en 2011. Il s’agit d’une activité de nettoyage industriel (pompages spéciaux, curage et décapage très haute pression), au sein d’usines de l'industrie lourde de la région, type chimie, pétrochimie, sidérurgie, cimenterie. Ces environnements, le relationnel, le matériel et les procédés sont passionnants,  et cela malgré la pression et les  risques que ce type d’industrie induit. Je gère l’aspect budgétaire, social, logistique et commercial de trois agences, ce qui représente 80 personnes. Les  opérateurs réalisent un métier difficile, de par l’énergie manuelle requise, et les conditions de travail. J’apprécie l’aspect relationnel et commercial de ce poste et je suis passionné par ce que je fais. C’est ce qui m’a amené à m’investir en tant que président au sein du groupement d'entreprises de Feyzin (FASE), et également à intégrer le comité de pilotage du MASE Rhône Alpes.

 Perspectives d’évolution future

 La filiale SODI Veolia qui compte 800 personnes, n’est pas très présente dans l’Est de la France et en Suisse, il y a donc encore des marchés à prendre. J’ai cependant conscience qu’étant à la moitié de ma vie professionnelle, il y aura certainement un jour un plafond de verre dans l’évolution de ma carrière, mais je pense pouvoir  rebondir sur un tout autre domaine en lien avec le commerce, qui est un autre de mes centres d’intérêt.

 Conseils

 Après avoir constaté beaucoup d'écueils en recrutement, force est de constater que s’il faut avoir un minimum de savoir-faire pour être recruté sur un poste, le savoir-être fait la différence. Si les personnes arrivent à me démontrer qu’elles sont motivées et veulent s’engager dans leur poste, 80% du job est fait. Dans l’entreprise, on vous rémunère normalement à hauteur de votre engagement mais s’il est question dès l’entretien, des congés, l’entretien est d’ores et déjà fini.

Trois paramètres du savoir être des candidats doivent être réunis pour être en accord avec le métier de prestataire de service dans le déchet : avoir fait des jobs étudiants, être parti à l’étranger, et avoir fait du sport en compétition ou tout du moins, avoir déjà évalué ou repoussé son « seuil de douleur ». Dans les métiers des services en environnement, mis à part encore quelques niches comme l’éolien peut être, il y a beaucoup de prestataires donc beaucoup de compétition parfois « bestiale », et il faut en avoir conscience, sans le diaboliser pour autant. Les leaders mondiaux de ce secteur sont par ailleurs des entreprises françaises ce qui laisse aux jeunes diplômés  du secteur une chance extraordinaire.

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